Chloë Charce crédit : Cecilia Candiani

Démarche

Chloë Charce s'intéresse à différentes problématiques de l'art contemporain, notamment les notions de disparition, de temporalité et de mémoire. Posant son regard sur les interstices, le hors champ, ses œuvres se présentent souvent comme des fragments métonymiques du réel : des bouts de ciel, des vestiges d’architecture, des paysages utopiques faits d’objets de verre. La blancheur fantômatique des éléments suspendus dans l’espace (Point de fuite) ou encore la rencontre des volutes de fumées et de la transparence des vases assemblés (Théâtre de silice – Miroirs sans tain), révèlent une fascination autrement invisible, une expansion immatérielle de l’objet lui-même.

Dans un désir d’approfondir la relation cinématique entre l’objet et la lumière, ou la projection vidéo – sa magnification, son altération et son effacement, autant physiques que métaphoriques – Chloë Charce explore le thème de la disparition par le truchement des notions de double, de temporalité et d’illusion. En considérant la matérialité de l’objet comme lieu potentiel de transformation, elle déjoue les frontières entre le fictif et le réel à travers, entres autres, une réflexion sur sur l’espace, la nature, l’architecture et l’utopie, amorcée par une série de répliques de fragments architecturaux (Mémoires d’architecture). Ces éléments empruntés à la mémoire des lieux, à la mythologie ou au rituel, se dressent comme des palimpsestes d’une mémoire collective, des réminiscences d’un passé à la fois imaginaire et historique, souvent témoins d’une tradition artisanale disparaissant peu à peu au profit d’une standardisation inéluctable. L’importance des mots s’est aussi imposée au fil de sa pratique, celle-ci portant les traces de quelques exercices de style et autres reliquats de l’art minimal : c’est ainsi qu’un néon éclaire le néant, ou qu’une anagramme composée des lettres de son nom fait apparaitre une alter égo, Rachele Choc. 

© Cecilia Candiani